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Le naufrage du tridy - par Francis GAUBICHET

Un de nos bons camarades “F” qui souhaite garder un discret anonymat, aucune idée pourquoi, passe un coup de fil à l’ami Johnny pour faire l’essai grandeur de son nouveau planeur, bizarrement baptisé TRiDY.

Quelques recherches sur le net ne m’ont pas éclairé sur la maladie en question… ou alors c’est une déformation…  Johnny reconnu pour être un pilote d’essai compétent,aucune allusion de mauvais goût, accepte facilement cette mission sachant que piloter l’avion des autres est toujours moins risqué que de piloter le sien, c’est bien connu.

Le challenge est intéressant, une sorte de moto-planeur imprimé en 3D façon tour Eiffel avec des ailes aux nervures imprimées pareil, enfilées sur un tube carbone au diamètre généreux, une petite dérive assortie à un petit stab et un bon gros moteur à pales repliables 9*5.5 à l’avant.

 

 

Le tout en 2 axes direction et profondeur à gauche, gaz à droite, rien que de très classique.

La radio, une hum ! SPECTRUM injustement victime de quolibets de certains imbéciles mal embouchés.

Une particularité aussi étonnante qu’originale, pas de bord d’attaque, non ! rien, que nenni, que dalle… Les explications du constructeur sont un peu confuses mais c’est son choix et on le respecte.

Très bizarrement la météo est plutôt clémente ce jour là, le ciel nuageux laisse apparaître quelques traces de ciel bleu et parfois un rayon d’un pâle soleil d’hiver. C’était la semaine dernière.

Rendez vous est donné à la colline du castel, zone de vol ultra secrète dont la colline orientée au vent de nord/est domine légèrement une agréable valleuse dans laquelle se nichent quelques jolies maisons et une ferme bio, ou presque.

Chance et joie contenue, le vent est nord/est : perfection.

Nos deux amis se retrouvent en ce frais matin vers 9h30,  faut vraiment en tenir une couche.

Accus chargés, centrage vérifié, gouvernes checkées.

Un lancé vigoureux et le planeur prend son envol face à la pente et laissant sur sa droite une rangée d’arbres anodins. Vous avez remarqué, à propos, que les arbres c’est très étonnant, n’attirent pas que les oiseaux…

La montée est franche, presque trop et rapide. Damned,  la trajectoire s’infléchit vers la droite, vers le gros arbre, vers les gros soucis.

Coup de manche à piqueur vite, coup de dérive à fond à gauche vite … Réduction des gaz pour éviter le looping aux dessus de l’arbre et des branches hautes.

La profondeur réagit, les gaz aussi, la direction rien… rien de rien.

Le planeur enroule l’ arbre en une orbe gracieuse et emplafonne les branches basses…

Les morceaux sont bien rangés par terre mais tout cassés, le pilote d’essai les yeux hagards éructe dans un râle “quel est le connard qui nous a mis un arbre à cet endroit” , ce qui est déjà un excellent début d’analyse.

 

Une chape de plomb leurs tombe sur les épaules tandis que le ciel s’ assombrit, les écrase  et qu’apparaissent quelques gouttes de pluie. Les deux amis se séparent, mais le resteront t’ ils ? la mort dans l’âme. Triste journée pour l’aéronautique et aucune explication valable dans l’instant.

Je vous livre ici leurs échanges de mails qu’une source bien informée m’a communiqué. Les propos sont 100% garantis véridiques.

J – ça va?

F – Pas trop de bobos. Avec les colles modernes ça devrait le faire. Faut que je réimprime des nervures pour faire des atèles et  réparer les cassées.  Après il serait bon de savoir le pourquoi du comment de la chose. Centrage ? Profil ? Bord d’attaque ? Débattements ? Géométrie …?  As-tu une idée?

J – Oui j’en ai une, assez précise…
envoies moi tes photos “après”

F – Tu vois bien qu’il fallait en faire….
Je ne vois pas pourquoi le fuselage serait mis en cause donc reste l’aile. Le calage de l’aile est à zéro. L’entoilage n’était pas au top because le Solar ne colle pas bien sur le plastique

J – Cherches pas, c’est pas les extraterrestres non plus, j’y réfléchis encore mais je pense avoir une explication irréfutable.

F – Va y accouche

J – C’est irréfutable mais il faut que j’y réfléchisse encore
Rien ne t’empêches de réparer à l’identique…
Je te laisse il faut que je me concentre

F – Je crains le pire de ta part!

J – Aie confiance…
Tu as besoin de pales d’hélices ???

F – Non, j’ai un jeu en réserve. Tout était prévu ou presque

J – Rajouté un bord d’attaque peut être ???

F – Non, à l’identique

J – Pour mémoire, mais ce n’est pas strictement fondamental (pièce jointe d’une structure d’aile montrant le rôle du bord d’attaque)

F – Ce n’est que de la théorie !

F – Et j’essaie peut être de noyer le poisson…

F – Pour moi le modèle est sain…peut être le pilote mal réveillé ???

J – Je t’aurais bien répondu mais j’ai une course urgente à faire..

F – C’est c’là, c’est c’là!

J – Adieu

Voilà cher adhérent et ami  lecteur, vous avez désormais tout les éléments pour résoudre l’énigme du crash.

A vous d’élucider ce mystère qui restera gravé à jamais dans les anales de l’aéronautique française.

Donnez nous par mail votre opinion, votre sentiment, vos déductions.

Réponse dans le prochain billet…

Quelque chose à gagner ??? : bien sûr…